Au championnat du monde de dandysme, voici une bande d’individus qui ont des chances de l’emporter. Cette tribu répond à l’acronyme S.A.P.E. : Société des ambianceurs et des personnes élégantes.
Tout commence dans les années 1970. Les Congolais émigrés à Paris reviennent au pays. Par souci de distinction, par pur dandysme ou parfois pour cacher les déceptions de leurs expériences d’immigrés, ils arborent fièrement des vêtements de luxe.
Leur allure s’inspire du style de l’aristocratie britannique du XIX ème siècle. Costumes aux couleurs éclatantes, détails chromatiques soignés, c’est l’élégance européenne mélangée à l’approche africaine de la couleur et de l’énergie.
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Le P’tit Bar de la rue Richard Lenoir est fermé depuis que la taulière de 92 ans est en convalescence. Enfin plus vraiment.
Le P’tit Bar était, on peut le dire, le bar le plus roots de Paname. 18 mètres carrés, des chats, des oiseaux en cage et quasiment que des verres sales. C’est pour cette raison qu’on prenait toujours des bières. De la Vedett en bouteille notamment. Le P’tit Bar était un véritable voyage dans le temps. Celui où les établissements minuscules subsistaient grâce à des charges plus faibles qu’aujourd’hui et grâce à la fréquentation assidue des troquets dans ces quartiers autrefois populaires. La dernière fois que je l’ai vue, madame Paulo avait 92 ans. Elle refusait toujours de se faire prendre en photo. Elle semblait contente de la renommée de son bar parmi les jeunes. Au delà des habitués, il y avait les clients qui venaient là sur les conseils de blogs spécialisés. On voyait des vieux de la vielle côtoyer des touristes australiens éberlués. Ce bar était plus qu’un simple rade. C’était un témoignage historique, une dose de Doisneau interactif. Et c’est pas tous les jours qu’on avait l’occasion de discuter avec une nonagénaire, une bouteille de roteuse à la main. Madame Paulo n’est plus de ce monde. Une petite affichette nous signalait qu’elle avait eu un accident de voiture « sans gravité ».
Chronique d’un toxico : la Faux Soyeuse de Eric Maravélias Ce roman en partie autobiographique met une bonne grosse claque. Il dépeint la vie de Franck, un toxico dont la vie est rythmée par la recherche de doses, de braquages en embrouilles, et de plans foireux en plans foireux. Le récit débute en 1999. Franck sent qu’il est proche de la fin. Agonisant dans un appartement décrépi, il revient sur sa vie, qui débute dans les années 70 en banlieue parisienne. Une cité qui va connaître le même déclin que lui.
Rémy Soubanère aime faire des balades nocturnes à Paris. Il en rapporte des clichés saisissants. Le photographe capte une ambiance figée et un peu inquiétante de la capitale et de sa périphérie.
Il nous explique sa démarche :
S’il est un phénomène social qui a radicalement changé le visage de Paris, c’est bien l’embourgeoisement de la ville. Et plus précisément la gentrification. Ce phénomène né à Londres dans les années 1960 se traduit par le changement social d’un quartier : les ouvriers et employés sont remplacées par les classes moyennes et supérieures.
Dans son ouvrage Paris sans le peuple, Anne Clerval adopte une posture marxiste dans la mesure où elle considère la gentrification comme une lutte des classes d’un nouveau genre. Une lutte pour l’espace urbain.
La gentrification est un phénomène qui se manifeste par le remplacement des habitants d’un quartier populaire par une population de classe moyenne et bourgeoise. Cet embourgeoisement des quartiers populaires est fortement régi par le marché immobilier et les politiques publiques d’amélioration de l’habitat.
Mais pas seulement.
Ce film de 36 minutes est devenu mythique avec les années. Peut être grâce à la simplicité et le naturel de la trame : un jeune garçon trouve un gros ballon rouge accroché à un réverbère. Le ballon devient le meilleur ami de l’enfant, il le suit à travers son périple dans les rues de belleville. La jalousie d’une bande de garçons mènera à la fin de cette relation… Pour l’anecdote, parmi les figurants, on remarque deux faux jumeaux habillés en rouge : Renaud et David Séchan !
Incarnée par Simone Signoret, Casque d’Or est une jeune prostituée qui vit à Belleville. Elle devient l’objet de convoitise de deux membres rivaux d’un gang, ceux que l’on appelait à l’époque les Apaches. Fâchée avec son amant du moment, elle tombe éperdument amoureuse de Manda, un ancien apache désormais charpentier.
Sur fonds de terrain vague et d’affrontements au couteau, c’est la réalité des voyous de la belle époque qui est dépeinte dans Casque d’or. Rappelons que le film est basé sur une histoire vraie, transcrite dans le livre Chroniques du Paris Apache.
Hélène, quadragénaire est la patronne d’une épicerie de la Rue des Cascades. Elle rencontre un antillais de 20 ans son cadet avec qui elle entretient une relation amoureuse. Son fils Alain accepte mal l’arrivée d’un nouvel homme à la maison, à fortiori un « étranger ». Mais rapidement les deux garçons se lieront d’amitié.
Dans une France encore peu multiraciale, le film de Maurice Delbez est un manifeste de tolérance et atteste d’une grande curiosité pour les culture noires. On retiendra les scènes de danses afro-antillaises et la bande son largement jazz.
https://www.youtube.com/watch?v=f4S8LjMMQIw
Les triplettes de Belleville (2003)
Les collines de Belleville ont inspiré le décor de ce premier film d’animation de Sylvain Chomet.
Madame Souza a l’idée d’offrie un vélo à son petit fils. Celui-ci ne tarde pas à briller dans le cyclisme. Il participe au tour de France. Sa gloire est de courte durée : c’était sans compter la convoitise de gangsters qui l’emmènent de l’autre coté de l’atlantique.
Mais Madame Souza fait tout pour retrouver son petit fils. En chemin elle rencontre un mystérieux trio de swing : les triplettes, qui deviendront ses acolytes.
Le foisonnement de références fait plaisir à voir dans Les triplettes. On passe de la culture prolétaire franchouillarde à des clins d’oeil à la French Connection qui opère outre-atlantique. On voit même apparaître brièvement Charles Trenet, Jospehine Baker et Django Reinhardt. Quant à Yvette Horner, elle a aussi droit à son pendant parodique : l’accordéoniste Roberte Horner.
Entre les murs (Laurent Cantet, 2008)
Le film de Laurent Cantet fait usage d’une combinaison peu commune : François Begaudeau est l’acteur principal, il joue son propre rôle puisque son livre-récit entre les murs paru en 2006 sert de base au scenario. Begaudeau est prof de français dans un établissement difficile de Belleville. Passionné il semble prêt à tout pour impliquer ses élèves, quitte à agir parfois avec excès.
Ce long métrage a une valeur documentaire puisque les acteurs ne sont pas professionnels, ils ont été castés dans les collèges Parisiens. Il nous montre la réalité scolaire de l’est parisien : à mille lieux de l’embourgeoisement des immeubles et des commerces.